Accouchement : des pratiques différentes

Au cœur de l’ex-Yougoslavie, en Bosnie, une grossesse est toujours un grand bonheur dans le clan familial. Tiphaine y a donné naissance à son premier enfant : “On fait une ou deux échographies et l’on peut connaître le sexe de l’enfant, explique-t-elle. La future maman cesse de travailler un mois avant terme et perçoit l’intégralité de son salaire pendant son congé maternité de 12 mois !” “Tandis qu’aux États-Unis, raconte Séverine, on travaille en général jusqu’au bout ! Tout dépend des entreprises et des Etats, mais à New York, on bénéficie d’un congé maladie de 6 semaines après l’accouchement, payé à 60 %, que les mamans prolongent souvent par un congé sans solde. Beaucoup cessent de travailler pour élever leur enfant.” “En Bosnie, raconte Tiphaine, si l’état des hôpitaux laisse à désirer, il n’y a pas pour autant de réels problèmes d’hygiène. En revanche, on demande parfois aux patients de venir avec leurs médicaments ! Par tradition, le père comble la sage-femme de cadeaux et attend tranquillement la naissance dans un café, avec des amis !” Pas de péridurale, qui a encore mauvaise presse, mais les choses ont l’air d’évoluer. Le nouveau-né est emmailloté et la maman reste cinq à dix jours à la maternité. Il est aussi coutume, lorsqu’on va la visiter, de glisser un billet sous l’oreiller du nourrisson, comme vœu de prospérité. C’est “babina” ! “Un gouffre culturel et médical nous sépare de la France !” Aurélie a vécu sa première grossesse à Yazd, en Iran. “Seule une part aisée de la population semble avoir accès aux soins. Pour ma première échographie, l’obstétricienne m’a présenté avec fierté une vieille bécane venue de Russie, en fonction depuis 1990 et l’on m’a donné des médicaments contre les nausées, déconseillés aux femmes enceintes ! Les Iraniennes avaient sur moi, boudinée dans mes habits, un regard agressif. Elles ont de la place sous leur tchador ! Pressée par des contractions, j’ai dû finir ma grossesse en France, version tout confort !”

Accouchement : quelle prise en charge ?

En France, tous les frais d’un accouchement dans le public sont pris en charge à 100 %, par la Sécurité sociale, dès le 6e mois. Aux États-Unis, fonder une famille a un coût. La plupart des Américains souscrivent une “assurance santé”, qui les indemnise en partie, car le gouvernement ne participe pas. “Bien assurés, votre accouchement revient à environ 550 $”, calcule Gaëlle. De fait, le suivi de grossesse semble plus léger, car “les assurances restreignent les remboursements et donc les actes, explique-t-elle. Deux échographies contre trois minimum en France. Idem pour les examens médicaux : celui de la toxoplasmose n’existe tout simplement pas !” En France, une maman reste 3 à 5 jours à la maternité, le temps que l’enfant reprenne du poids et que la montée de lait soit amorcée. Les médecins américains estiment que s’il y avait un souci, il serait détecté dans les 48 heures ; que 2 jours sont donc suffisants. Si Tahiti est en Polynésie française, l’éloignement et son statut en font une tout autre France. Virginie y a vécu quatre ans avec ses enfants : “Ici, on obtient ses rendez-vous médicaux beaucoup plus rapidement et le corps médical est tout aussi compétent. À la maternité, j’ai partagé ma chambre avec une jeune maman qui confiait son nouveau-né à une famille d’accueil, en vue d’une future adoption. C’est un enfant “fa’a’amu” : un “don” d’enfant perçu comme un cadeau fait d’une famille à une autre. Elle avait l’air très heureuse, c’est quelque chose qui m’a beaucoup marquée.” A contrario, à New York, les couples privilégient souvent leur carrière et rêvent d’un bébé assez tard. “Ils se précipitent sur la fécondation in vitro, sans “perdre de temps” à tenter d’avoir un enfant naturellement. C’est absurde ! souligne Séverine. Comme il n’y a pas besoin de justification, contrairement à la France, les mamans vont jusqu’à programmer leur accouchement, au jour et à l’heure qui leur plaît !” Une génération du “tout, tout de suite” à l’extrême.

Je suis devenue maman à 18 ans

Je suis tombée enceinte, par surprise, un an après avoir rencontré Cédric. Je venais de perdre mon travail et de me faire virer de chez ma mère. J’habitais alors chez les parents de mon copain. Ayant de gros problèmes aux reins, je ne pensais pas pouvoir mener cette grossesse à terme. Je suis allée voir un urologue qui m’a assuré que c’était sans danger. J’ai donc décidé de garder le bébé. Cédric n’était pas contre, mais il avait beaucoup de craintes. Entre la recherche d'appartement, les soucis du quotidien… nous avons eu l'impression que tout arrivait très vite. Mais lorsque nous avons accueilli Lorenzo, tout a changé. Notre bout'chou n'a pas eu un début de vie facile et nous en a fait voir de toutes les couleurs. Malgré tout, nous ne regrettons absolument pas notre choix et avons envie d'un(e) petit(e) deuxième (voire plus…). Lorenzo est bien éduqué et a déjà un sacré caractère. Il est heureux et épanoui. Nous, en tant que parents, nous sommes comblés, et, en tant que couple, nous aimons nous retrouver pour garder notre complicité. Je garde le sourire même si, lorsque je sors avec mon fils, les gens pensent souvent que je suis sa nounou et les regards peuvent être lourds (car, en plus, je fais plus jeune que mon âge). Notre décision a été celle de notre cœur. Nous avons gentiment mis à l’écart de notre vie les gens qui ne l'ont pas acceptée - et il y en a eu ! Après tout, nous ne demandons rien à personne, sauf à nos parents, qui nous aident de temps en temps. Ils sont heureux d'être grands-parents, bien qu'ils aient pris un "coup de vieux" comme ils disent. C'est sûr, nous n'avons pas la même expérience dans la vie que les personnes qui font des enfants tard. Mais ce n'est pas parce qu'on a 30-35 ans, que l'on est de meilleurs parents. L'âge ne fait rien, l'amour fait tout ! Amandine